{"id":745,"date":"2022-08-17T14:17:04","date_gmt":"2022-08-17T14:17:04","guid":{"rendered":"http:\/\/agnesa.org\/?p=745"},"modified":"2022-08-17T14:18:37","modified_gmt":"2022-08-17T14:18:37","slug":"traduire-dire-la-meme-chose-dans-une-autre-langue","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/agnesa.org\/index.php\/2022\/08\/17\/traduire-dire-la-meme-chose-dans-une-autre-langue\/","title":{"rendered":"Traduire : dire la m\u00eame chose dans une autre langue?"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"http:\/\/agnesa.org\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/IMG_8342-1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-746\" srcset=\"http:\/\/agnesa.org\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/IMG_8342-1024x683.jpg 1024w, http:\/\/agnesa.org\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/IMG_8342-300x200.jpg 300w, http:\/\/agnesa.org\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/IMG_8342-768x512.jpg 768w, http:\/\/agnesa.org\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/IMG_8342-1536x1024.jpg 1536w, http:\/\/agnesa.org\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/IMG_8342-2048x1365.jpg 2048w, http:\/\/agnesa.org\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/IMG_8342-1568x1045.jpg 1568w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption>Umberto Eco sur Neipa \u00ab Juicy \u00bb<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Traduire, c\u2019est dire la m\u00eame chose dans une autre langue. Cela semble \u00e9vident. Et pourtant! Dans <em>Dire presque la m\u00eame chose&nbsp;: Exp\u00e9riences de traduction<\/em> (traduit de l\u2019italien par Myriem Bouzaher), Umberto Eco nous montre que traduire, ce n\u2019est justement pas dire la m\u00eame chose dans une autre langue, mais \u00ab&nbsp;presque&nbsp;\u00bb la m\u00eame chose. Un \u00ab&nbsp;presque&nbsp;\u00bb d\u00e9clin\u00e9 en une exploration, sur 440&nbsp;pages bien touffues, des confins de la notion de traduction au travers de multiples exemples litt\u00e9raires.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Sous l\u2019\u0153il de celui qui ne traduit pas (ou presque!)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Qui ne conna\u00eet pas Umberto Eco? \u00c0 dire vrai, son premier roman <em>Le nom de la rose <\/em>a certainement supplant\u00e9 en popularit\u00e9 l\u2019\u00e9crivain lui-m\u00eame, un roman traduit en 43&nbsp;langues et couronn\u00e9 d\u2019un C\u00e9sar dans sa version \u00e0 l\u2019\u00e9cran en 1987. Umberto Eco est donc d\u2019abord un auteur traduit.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est par ce statut qu\u2019il nous parle de traduction, \u00e0 la diff\u00e9rence de Lori Saint-Martin ou de Nicolas\u00a0Richard, traductaires. Non seulement ce statut nous permet de voir un certain envers du d\u00e9cor, mais il offre aussi (paradoxalement) une visibilit\u00e9 \u00e0 l\u2019art du traductaire, nombre des exemples \u00e9voqu\u00e9s discutant les choix de ses traductrices et traducteurs (sans oublier, certes, qu\u2019il fut le traducteur des <em>Exercices de style<\/em> de Queneau, exp\u00e9rience sans laquelle nous ne lirions pas cet ouvrage!).<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-style-twentytwentyone-border\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow\">\n<p><em>\u00ab\u00a0Le traducteur doit n\u00e9gocier avec le fant\u00f4me d\u2019un auteur souvent disparu, avec la pr\u00e9sence envahissante du texte source, avec l\u2019image encore floue du lecteur pour qui il est en train de traduire [\u2026], et parfois, nous le disions, il doit n\u00e9gocier aussi avec l\u2019\u00e9diteur.\u00a0\u00bb (p.\u00a0411)<\/em><\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p><strong>Devenu r\u00e9f\u00e9rence incontournable<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Si bien que <em>Dire presque la m\u00eame chose<\/em>, ou tout du moins son propos\u00a0\u2013 qui est de red\u00e9finir la fid\u00e9lit\u00e9 en traduction par le concept de n\u00e9gociation \u2013,\u00a0est repris aujourd\u2019hui par beaucoup. Lori Saint-Martin commente ainsi cette vision \u00e0 deux reprises dans <em><a href=\"http:\/\/agnesa.org\/index.php\/2022\/07\/11\/traduire-pour-la-diversite\/\" data-type=\"URL\" data-id=\"http:\/\/agnesa.org\/index.php\/2022\/07\/11\/traduire-pour-la-diversite\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Un bien n\u00e9cessaire<\/a><\/em>, passant de la citation de l\u2019auteur \u00e0 son propos (\u00ab\u00a0Dire presque la m\u00eame chose\u00a0\u00bb pour \u00e9voquer l\u2019alt\u00e9rit\u00e9; \u00ab\u00a0n\u00e9gocier\u00a0\u00bb pour parler de la n\u00e9cessit\u00e9 de choisir). Conna\u00eetre les th\u00e9ories d\u2019Umberto Eco est par ailleurs presque un imp\u00e9ratif pour mieux saisir toute la pens\u00e9e de Souleymane Bachir Diagne dans <em><a href=\"http:\/\/agnesa.org\/index.php\/2022\/07\/11\/traduire-creer-lequivalence\/\" data-type=\"URL\" data-id=\"http:\/\/agnesa.org\/index.php\/2022\/07\/11\/traduire-creer-lequivalence\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">De langue \u00e0 langue<\/a><\/em>, une continuit\u00e9 de la pens\u00e9e \u00e9coienne (que l\u2019on retrouve aussi dans le style, tr\u00e8s \u00e9rudit et nourri de philosophie, de linguistique et d\u2019anthropologie) mais aussi un \u00e9largissement (aux cultures non europ\u00e9ennes)\u00a0: la fid\u00e9lit\u00e9 en traduction passe de respect et d\u2019exemples tir\u00e9s du canon occidental chez l\u2019\u00e9crivain italien \u00e0 charit\u00e9 et exemples tir\u00e9s de cultures africaines chez le penseur s\u00e9n\u00e9galais. Si vous avez lu ce dernier livre donc, relisez-le \u00e0 la lumi\u00e8re d\u2019Eco!<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab&nbsp;Les trait\u00e9s de traductologie me laissent souvent sur ma faim&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 la diff\u00e9rence de Souleymane Bachir Diagne toutefois, son propos s\u2019appuie, en plus de b\u00e2tir sur les th\u00e9ories de grands traductologues (Schleiermacher, Nida, Berman\u2026) d\u2019exemples en nombre et en plusieurs langues\u00a0\u2013 italien et fran\u00e7ais, mais aussi anglais, allemand, espagnol et catalan \u2013, de ses propres \u0153uvres et d\u2019\u0153uvres occidentales classiques (Baudelaire, Nerval, Shakespeare, Poe, Dumas, Tolsto\u00ef, Dante\u2026)\u00a0: il ne s\u2019agit pas d\u2019un essai th\u00e9orique, nous dit sa traductrice, mais d\u2019une illustration des probl\u00e8mes que pose la traduction.<\/p>\n\n\n\n<p>Si cet \u00e9cart par rapport aux habitudes traductologiques est bienvenu (comme rench\u00e9rit Lori Saint-Martin, difficile de juger d\u2019une traduction en n\u2019en d\u00e9cortiquant qu\u2019un mot ou une phrase), les extraits propos\u00e9s sont parfois tellement longs, ou propos\u00e9s en tellement de langues, qu\u2019il devient \u00e0 la longue fastidieux de saisir o\u00f9 se situe r\u00e9ellement l\u2019illustration de son propos. D\u00e9licat cela dit de parler par exemple de la n\u00e9cessit\u00e9 de reproduire l\u2019effet du texte (chapitre\u00a03 \u00ab\u00a0R\u00e9versibilit\u00e9 et effet\u00a0\u00bb) ou de reproduire l\u2019image cr\u00e9\u00e9e par le texte (chapitre\u00a08 \u00ab\u00a0Faire voir\u00a0\u00bb) sans en donner un bon morceau. \u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Mais il est certain qu\u2019\u00e0 c\u00f4t\u00e9 des courts et all\u00e9chants extraits que choisit Nicolas\u00a0Richard dans <em><a href=\"http:\/\/agnesa.org\/index.php\/2022\/07\/30\/traduire-un-jeu-au-mot-pres-un-jeu-a-plusieurs\/\" data-type=\"URL\" data-id=\"http:\/\/agnesa.org\/index.php\/2022\/07\/30\/traduire-un-jeu-au-mot-pres-un-jeu-a-plusieurs\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Par instants le sol penche bizarrement<\/a><\/em> et qui se lisent comme des petits bonbons \u00e0 <em>binger<\/em>, l\u2019ouvrage d\u2019Umberto Eco semblera peut-\u00eatre un poil plus indigeste au lectorat\u2026 C\u2019est qu\u2019il s\u2019agit de prendre le temps de m\u00e2cher la mati\u00e8re!<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-style-twentytwentyone-border\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow\">\n<p><em>\u00ab\u00a0La paralitt\u00e9rature [terme qu\u2019emploie Eco pour d\u00e9signer la litt\u00e9rature de romans de gare] est aussi l\u00e9gitime que le chewing-gum, lequel a ses fonctions, y compris en termes d\u2019hygi\u00e8ne dentaire, sans jamais figurer sur un menu de grande cuisine.\u00a0\u00bb p.140<\/em><\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p><strong>Explorer les confins<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Car mati\u00e8re il y a, entre r\u00e9f\u00e9rences \u00e9rudites, comparaisons des langues, d\u00e9tails des probl\u00e8mes rencontr\u00e9s \u00e0 la traduction (l\u2019ambigu\u00eft\u00e9!) et prescriptions du traduire. Certaines id\u00e9es nous para\u00eetront \u00e9videntes aujourd\u2019hui, car nous les avons rencontr\u00e9es d\u00e9sormais maintes fois (langue et culture sont indissociables et il faut traduire non mot \u00e0 mot mais \u00ab\u00a0de monde \u00e0 monde\u00a0\u00bb).<\/p>\n\n\n\n<p>En revanche, quelle exploration des fronti\u00e8res de la traduction! Car oui, o\u00f9 place-t-on donc la limite entre traduction et interpr\u00e9tation? Dans quelle mesure un roman adapt\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9cran peut-il aussi \u00eatre qualifi\u00e9 de traduction? Comment traduire un texte qui se traduit lui-m\u00eame (<em>Finnegans Wake<\/em>\u00a0de\u00a0Joyce)? Plus on avance dans le livre et plus Umberto Eco s\u2019amuse (non sans un certain humour parfois) \u00e0 nous confronter \u00e0 des cas limites pour mieux cerner ce qu\u2019est <em>la traduction<\/em>\u00a0\u2013 une n\u00e9gociation de chaque instant<a href=\"#_ftn2\">[1]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Moins int\u00e9ressants sont selon moi ses exemples de traduction inters\u00e9miotique (roman > \u00e9cran, texte > peinture\u2026), r\u00e9flexions qui proviennent de s\u00e9minaires consacr\u00e9s \u00e0 ce sujet \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Bologne en 1997 et 1999, ou ses comparaisons \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation musicale. Ses r\u00e9flexions sur l\u2019hypotypose en revanche m\u2019ont rappel\u00e9 mes propres r\u00e9flexions <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"http:\/\/agnesa.org\/index.php\/2021\/11\/08\/traduire-le-litteraire-1\/\" data-type=\"URL\" data-id=\"http:\/\/agnesa.org\/index.php\/2021\/11\/08\/traduire-le-litteraire-1\/\" target=\"_blank\">\u00e0 la traduction de <em>Seasons\u00a0: Desert Sketches<\/em> d\u2019Ellen\u00a0Meloy<\/a>, et c\u2019est sans nul doute que j\u2019irai refaire un tour dans le chapitre \u00ab\u00a0Interpr\u00e9ter n\u2019est pas traduire\u00a0\u00bb qui explore les fronti\u00e8res entre la reformulation et la traduction, exploration aussi utile en traduction litt\u00e9raire qu\u2019en traduction pragmatique.<\/p>\n\n\n\n<p>En somme, un livre certes n\u00e9cessitant quelques heures devant soi de digestion mais qui ne vous laissera pas sur votre faim!<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow\">\n<div class=\"wp-block-group is-style-twentytwentyone-border\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow\">\n<p><em>\u00ab\u00a0La fid\u00e9lit\u00e9 manifeste des traductions n\u2019est pas le crit\u00e8re qui garantit l\u2019acceptabilit\u00e9 de la traduction [\u2026]. La fid\u00e9lit\u00e9 est plut\u00f4t la conviction que la traduction a toujours \u00e9t\u00e9 possible si le texte source a \u00e9t\u00e9 interpr\u00e9t\u00e9 avec une complicit\u00e9 passionn\u00e9e, c\u2019est l\u2019engagement \u00e0 identifier ce qu\u2019est pour nous le sens profond du texte, et l\u2019aptitude \u00e0 n\u00e9gocier \u00e0 chaque instant la solution qui nous semble la plus juste.\u00a0\u00bb p.435<\/em><\/p>\n<\/div><\/div>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>***<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">Umberto Eco, <em><a href=\"https:\/\/www.leslibraires.ca\/livres\/dire-presque-la-meme-chose-umberto-eco-9782253084532.html\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/www.leslibraires.ca\/livres\/dire-presque-la-meme-chose-umberto-eco-9782253084532.html\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Dire presque la m\u00eame chose&nbsp;: Exp\u00e9riences de traduction<\/a><\/em>, trad. de Myriem Bouzaher, Grasset, 2008.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">Aussi sur le blogue <a href=\"https:\/\/www.nonfiction.fr\/article-591-traduire_nest_pas_trahir_mais_negocier.htm#:~:text=Umberto%20Eco%20%C3%A9voque%20les%20grands,chose%20dans%20une%20autre%20langue\">Nonfiction<\/a><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref2\">[1]<\/a> Ainsi, il n\u2019y a pas une approche cibliste et une approche sourci\u00e8re, nous dit-il, mais un \u00ab\u00a0continuum\u00a0\u00bb entre les deux dans lequel \u00ab\u00a0le choix de s\u2019orienter vers la source ou vers la destination reste [\u2026] un crit\u00e8re \u00e0 n\u00e9gocier phrase par phrase\u00a0\u00bb. (p.227)<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Traduire, c\u2019est dire la m\u00eame chose dans une autre langue. Cela semble \u00e9vident. Et pourtant! Dans Dire presque la m\u00eame chose&nbsp;: Exp\u00e9riences de traduction (traduit de l\u2019italien par Myriem Bouzaher), Umberto Eco nous montre que traduire, ce n\u2019est justement pas dire la m\u00eame chose dans une autre langue, mais \u00ab&nbsp;presque&nbsp;\u00bb la m\u00eame chose. Un \u00ab&nbsp;presque&nbsp;\u00bb&hellip; <a class=\"more-link\" href=\"http:\/\/agnesa.org\/index.php\/2022\/08\/17\/traduire-dire-la-meme-chose-dans-une-autre-langue\/\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">Traduire : dire la m\u00eame chose dans une autre langue?<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[88,73,52],"tags":[94,93,46,86,92],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/agnesa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/745"}],"collection":[{"href":"http:\/\/agnesa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/agnesa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/agnesa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/agnesa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=745"}],"version-history":[{"count":3,"href":"http:\/\/agnesa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/745\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":749,"href":"http:\/\/agnesa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/745\/revisions\/749"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/agnesa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=745"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/agnesa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=745"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/agnesa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=745"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}