{"id":632,"date":"2022-04-26T17:31:09","date_gmt":"2022-04-26T17:31:09","guid":{"rendered":"http:\/\/agnesa.org\/?p=632"},"modified":"2022-08-15T09:53:38","modified_gmt":"2022-08-15T09:53:38","slug":"spece-danglicisme","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/agnesa.org\/index.php\/2022\/04\/26\/spece-danglicisme\/","title":{"rendered":"&#8216;Sp\u00e8ce d&#8217;anglicisme!"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"1024\" height=\"524\" src=\"http:\/\/agnesa.org\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/marronnier-1024x524.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-644\" srcset=\"http:\/\/agnesa.org\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/marronnier-1024x524.jpg 1024w, http:\/\/agnesa.org\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/marronnier-300x154.jpg 300w, http:\/\/agnesa.org\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/marronnier-768x393.jpg 768w, http:\/\/agnesa.org\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/marronnier-1536x786.jpg 1536w, http:\/\/agnesa.org\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/marronnier-1568x803.jpg 1568w, http:\/\/agnesa.org\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/marronnier.jpg 1920w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Les anglicismes. Un beau marronnier certes &#8212; comme la traduction automatique de nos jours &#8212; mais comme l&#8217;on n&#8217;en finit pas (soi-m\u00eame et entre copains francophones) de se lancer des ch\u00e2taignes \u00e0 ce propos, ce ne sont pas les nouveaux d\u00e9veloppements qui manquent. Du reste, cela nous permet d&#8217;aborder l&#8217;int\u00e9ressante diff\u00e9rence d&#8217;approches entre le Qu\u00e9bec et la France qui reste \u00e0 ma surprise souvent m\u00e9connue des langagiers (chauds les marrons!). Enfin, il s&#8217;agit d&#8217;un r\u00e9el enjeu dans l&#8217;enseignement du fran\u00e7ais langue seconde ET de la traduction, ce que nous \u00e9voquerons un peu plus loin.<\/p>\n\n\n\n<p>De surcro\u00eet, comme l&#8217;indique tr\u00e8s justement <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/tel.archives-ouvertes.fr\/tel-02166970\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/tel.archives-ouvertes.fr\/tel-02166970\" target=\"_blank\">C\u00e9cile Planchon dans sa th\u00e8se<\/a>, \u00ab si le d\u00e9bat autour des anglicismes continue de faire rage aujourd\u2019hui, c\u2019est qu\u2019il s\u2019alimente forc\u00e9ment d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 ancr\u00e9e dans le quotidien, qui \u00e9volue avec le temps et les changements sociaux. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi Laetitia V\u00e9ron sortait cette petite chronique d\u00e9licieuse quoique succincte pas plus tard que le 20 avril dernier (2022) : \u00ab Comment \u00e9viter les anglicismes? \u00bb Mais encore faudrait-il savoir ce que c&#8217;est, un anglicisme.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Comment \u00e9viter les anglicismes ? - La Chronique linguiste de La\u00e9lia Veron\" width=\"750\" height=\"422\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/Ks9mseWiUnc?start=16&#038;feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><figcaption>Source : France Inter (via cha\u00eene YouTube)<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>UNE D\u00c9FINITION<\/strong> <\/p>\n\n\n\n<p>Malheureusement, c&#8217;est l\u00e0 que le b\u00e2t blesse : produire une d\u00e9finition simple et univoque n&#8217;est pas de tout repos. Pour deux raisons : d&#8217;une part, la langue \u00e9volue &#8212; par essence <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/dictionnaire.lerobert.com\/dis-moi-robert\/raconte-moi-robert\/so-british-ou-pas\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/dictionnaire.lerobert.com\/dis-moi-robert\/raconte-moi-robert\/so-british-ou-pas\" target=\"_blank\">elle emprunte \u00e0 d&#8217;autres langues<\/a>, dont l&#8217;anglais; d&#8217;autre part, dans le concept d&#8217;anglicisme repose une id\u00e9e de jugement et donc de subjectivit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u00e9cile Planchon ci-dessus mentionn\u00e9e d\u00e9bute ainsi son \u00e9tude statistique par l&#8217;histoire des relations entre monde anglophone et francophone (une des raisons pour lesquelles nous ne nous offusquons pas contre les italianismes), par des d\u00e9finitions et un passage en revue des \u00e9tudes statistiques ant\u00e9rieures. <\/p>\n\n\n\n<p>Dans le cadre de cet article et parce qu&#8217;il me semble qu&#8217;il s&#8217;agit de l&#8217;acception la plus r\u00e9pandue, j&#8217;ai adopt\u00e9 la d\u00e9finition suivante :<strong> un anglicisme est un emprunt \u00e0 la langue anglaise<\/strong> <strong>non d\u00e9sir\u00e9<\/strong>, per\u00e7u comme dommageable (ou moche) (ou les deux), bref <strong>critiqu\u00e9<\/strong>. Il y aura donc les emprunts n\u00e9cessaires et les <strong>emprunts de luxe <\/strong>ou l&#8217;anglicisme, pour reprendre la distinction du Multidictionnaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qui est ou n&#8217;est pas un anglicisme change par cons\u00e9quent selon l&#8217;\u00e9poque et le lieu : certains termes vont se faire accepter, d&#8217;autres rejeter &#8212; au gr\u00e9 de nos usages. Prenons par exemple, dans l&#8217;Hexagone, \u00ab faire du jogging \u00bb devenu d\u00e9sormais \u00ab faire du running \u00bb (d&#8217;anglicisme en anglicisme&#8230;). Ou encore, comme \u00e9voqu\u00e9 dans la chronique de France Inter, \u00ab le surv\u00eatement de jogging \u00bb en France se dit \u00ab training \u00bb en Belgique. Des termes, par ailleurs, qui ne sont pas employ\u00e9s tels quels en anglais!<\/p>\n\n\n\n<p>Car <strong>l&#8217;emprunt<\/strong> n&#8217;est en effet pas unique mais multiple. Il peut \u00eatre :<\/p>\n\n\n\n<ul><li>phon\u00e9tique<\/li><li>syntaxique<\/li><li>lexical<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Dans cette derni\u00e8re cat\u00e9gorie, on distingue les <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/bdl.oqlf.gouv.qc.ca\/bdl\/gabarit_bdl.asp?id=3787\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/bdl.oqlf.gouv.qc.ca\/bdl\/gabarit_bdl.asp?id=3787\" target=\"_blank\">emprunts int\u00e9graux<\/a>, les <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/bdl.oqlf.gouv.qc.ca\/bdl\/gabarit_bdl.asp?id=4063\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/bdl.oqlf.gouv.qc.ca\/bdl\/gabarit_bdl.asp?id=4063\" target=\"_blank\">emprunts hybrides<\/a>, les faux emprunts (jogging, training, pressing, snacking) et les <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/bdl.oqlf.gouv.qc.ca\/bdl\/gabarit_bdl.asp?id=4060\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/bdl.oqlf.gouv.qc.ca\/bdl\/gabarit_bdl.asp?id=4060\" target=\"_blank\">calques morphologiques<\/a> et <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/bdl.oqlf.gouv.qc.ca\/bdl\/gabarit_bdl.asp?id=3805\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/bdl.oqlf.gouv.qc.ca\/bdl\/gabarit_bdl.asp?id=3805\" target=\"_blank\">s\u00e9mantiques<\/a>. Et l\u00e0 aussi notons que cette typologie (reprise de la terminologue Mme Aline Francoeur) n&#8217;en est qu&#8217;une parmi bien d&#8217;autres. <\/p>\n\n\n\n<p><strong>UN PH\u00c9NOM\u00c8NE QUI NE DATE PAS D&#8217;HIER<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Je lisais l&#8217;autre jour <em>Nana <\/em>de Zola, dans lequel on trouve \u00e0 plusieurs reprises des emprunts directs \u00e0 l&#8217;anglais avec ou sans italiques, en particulier \u00e0 mi-chemin, lors de la sc\u00e8ne des courses de chevaux. S&#8217;y succ\u00e8dent un outsider, des four-in-hand, des dog carts, des mail coaches, et puis un tipster, un bookmaker et encore un paddock. Influence bien s\u00fbr british, o\u00f9 s&#8217;affrontent, comme de par hasard, des jockey anglais et fran\u00e7ais. Une pr\u00e9sence d&#8217;emprunts tout \u00e0 fait acceptable dans le bouquin, puisqu&#8217;ils participent d&#8217;une ambiance, d&#8217;une \u00e9poque et d&#8217;un certain milieu.<\/p>\n\n\n\n<p>L&#8217;action se d\u00e9roule juste avant l&#8217;invasion des Prussiens en 1870, au XIXe si\u00e8cle donc, mais les \u00e9changes &#8212; et les diff\u00e9rends &#8212; entre l&#8217;Angleterre et la France remontent \u00e0 bien plus loin dans le temps (Moyen-\u00c2ge si mes souvenirs sont bons), il n&#8217;est donc pas \u00e9tonnant de voir que les langues s&#8217;influencent l&#8217;une l&#8217;autre, et de plus en plus \u00e0 mesure que le monde s&#8217;ouvre gr\u00e2ce aux nouveaux modes de locomotion r\u00e9duisant petit \u00e0 petit les distances. C&#8217;est d\u00e8s le milieu du XVIIe si\u00e8cle \u00e0 vrai dire, que \u00ab la courbe d&#8217;emprunts de l&#8217;anglais vers le fran\u00e7ais augmente de 200 % alors qu&#8217;elle diminue de 75 % dans le sens inverse \u00bb (Hag\u00e8ge cit\u00e9 par Planchon, p.16).<\/p>\n\n\n\n<p>Le ph\u00e9nom\u00e8ne qui a chang\u00e9 est donc moins l&#8217;emprunt \u00e0 l&#8217;anglais que notre tol\u00e9rance vis-\u00e0-vis de ce dernier, en raison tout simplement de son omnipr\u00e9sence permise par ce \u00ab rapetissement du monde \u00bb (via transports physiques et virtuels). <\/p>\n\n\n\n<p>Cette lutte contre l&#8217;anglicisme, en France, remonte aux ann\u00e9es 1960 avec la figure de Ren\u00e9 \u00c9tiemble (Planchon, p. 2). Quant au Qu\u00e9bec, on pourrait dire que celle-ci est pr\u00e9sente depuis que francophones et anglophones d\u00e9barquent sur le territoire canadien, au XVIe si\u00e8cle. Mais ce n&#8217;est qu&#8217;\u00e0 partir de la publication des ouvrages de l&#8217;abb\u00e9 Thomas Maguire dans les ann\u00e9es 1850 que ce d\u00e9bat s&#8217;y cristallise, un si\u00e8cle plus t\u00f4t qu&#8217;en France (Planchon, p. 28-29). <\/p>\n\n\n\n<p><strong>O\u00d9 Y A-T-IL LE PLUS D&#8217;ANGLICISMES : FRANCE OU QU\u00c9BEC?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Quand je suis au Qu\u00e9bec, j&#8217;entends r\u00e9guli\u00e8rement des choses comme \u00ab ah, jamais je pourrais travailler en France, ils sont envahis par les anglicismes! \u00bb. <\/p>\n\n\n\n<p>Quand je suis en France, j&#8217;entends r\u00e9guli\u00e8rement des choses comme \u00ab ahah, ils nous font bien rire les Qu\u00e9b\u00e9cois avec leurs expressions litt\u00e9rales comme &#8220;prendre une marche&#8221; [qui signifie grosso modo se cogner le tibia contre une marche d&#8217;escalier pour le Fran\u00e7ais moyen] \u00bb. <\/p>\n\n\n\n<p>En r\u00e9alit\u00e9, les anglicismes existent approximativement \u00e0 parts \u00e9gales des deux c\u00f4t\u00e9s de l&#8217;Atlantique, comme en t\u00e9moigne l&#8217;\u00e9tude parall\u00e8le FR\/QC de la presse \u00e9crite r\u00e9alis\u00e9e par C\u00e9cile Planchon. Certes, cette \u00e9tude date un peu (corpus \u00e9tudi\u00e9 : 2000-2015); cependant, la principale diff\u00e9rence entre Qu\u00e9bec et France ne semble r\u00e9sider non pas dans le volume mais dans le type d&#8217;anglicismes. Lors du colloque de Magog en 1991, on remarque d&#8217;ailleurs \u00ab <strong>une quasi-absence de recoupement entre les anglicismes utilis\u00e9s au Qu\u00e9bec et ceux utilis\u00e9s en France <\/strong>\u00bb (Planchon, p.131). <\/p>\n\n\n\n<p><strong>EN FRANCE<\/strong> : on aime les emprunts lexicaux. Int\u00e9graux (le weekend, un steak, une newsletter, un burger, des nugget,&#8230;), hybrides (verbes : checker, googler, podcaster; le dopage;&#8230;) et faux emprunts (un Drive, un brushing, un snacking&#8230;) ; on les prend tous (ou presque), parce que \u00e7a fait cool, \u00e7a a un effet un peu myst\u00e9rieux et exotique, ce qui n&#8217;est pas pour nous d\u00e9plaire.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>AU QU\u00c9BEC<\/strong> : on voit beaucoup plus d&#8217;emprunts syntaxiques (prendre une marche, les prochaines trois semaines&#8230;) et phon\u00e9tiques (une balloune, du beurre de pinotte&#8230;), et beaucoup moins d&#8217;emprunts lexicaux &#8212; tout du moins dans la langue \u00e9crite. En effet, ces derniers sentent bien trop l&#8217;anglais qui, au Canada, n&#8217;est pas vraiment per\u00e7ue comme une langue exotique.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qu&#8217;il y a d&#8217;int\u00e9ressant est que la presse tend \u00e0 alimenter ce conflit entre celui qui aura le moins d&#8217;anglicismes et celui qui se sera laiss\u00e9 aller \u00e0 la tentation.<em> La Presse<\/em>, notamment, s&#8217;en donne \u00e0 c\u0153ur joie, relayant la moindre nouvelle montrant que les anglicismes progressent plus ailleurs qu&#8217;au Qu\u00e9bec. C\u00f4t\u00e9 hexagonal, c&#8217;est <em>Le Figaro<\/em> qui s&#8217;amuse \u00e0 nous rappeler r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 l&#8217;ordre dans des articles plus ou moins pertinents.<\/p>\n\n\n\n<p>Notons n\u00e9anmoins une des conclusions de l&#8217;\u00e9tude de C\u00e9cile Planchon (qui ravira les Qu\u00e9b\u00e9cois et) qui semble corrobor\u00e9e par \u00ab ce qui saute aux yeux et aux oreilles \u00bb aujourd&#8217;hui, \u00e0 savoir <strong>une augmentation du nombre d&#8217;anglicismes dans l&#8217;espace public<\/strong> : si les deux m\u00e9dias qu\u00e9b\u00e9cois examin\u00e9s, <em>Le Devoir<\/em> et <em>La Presse<\/em>, enregistrent globalement une baisse dans l&#8217;usage des <strong>emprunts AVEC \u00e9quivalents<\/strong> (les anglicismes critiqu\u00e9s, car \u00ab de luxe \u00bb), <strong>en France<\/strong> en revanche, <em>Le Monde<\/em> et <em>Le Parisien<\/em> en montraient une nette augmentation (Planchon, p.183). Serait-il temps de r\u00e9former <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.culture.gouv.fr\/Actualites\/Langue-francaise-la-loi-Toubon-vingt-ans-apres\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/www.culture.gouv.fr\/Actualites\/Langue-francaise-la-loi-Toubon-vingt-ans-apres\" target=\"_blank\">la loi Toubon<\/a>?<\/p>\n\n\n\n<p>Pour une pr\u00e9sentation succincte et visuelle (et de beaux exemples d&#8217;emprunts int\u00e9graux qui feront fr\u00e9mir tout amoureux de la langue fran\u00e7aise), voici ci-dessous la pr\u00e9sentation que j&#8217;avais effectu\u00e9e \u00e0 l&#8217;hiver 2020 pour une des rencontres virtuelles mensuelles de R\u00e9viseurs Canada. Je conseille d&#8217;y lire les amorces de discussion en fin, qui donnent une belle palette des diff\u00e9rents enjeux autour de ce sujet.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-file\"><a href=\"http:\/\/agnesa.org\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/Presentation-pour-La-Vigne-Reviseurs-Canada.pdf\">Presentation-pour-La-Vigne-Reviseurs-Canada<\/a><a href=\"http:\/\/agnesa.org\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/Presentation-pour-La-Vigne-Reviseurs-Canada.pdf\" class=\"wp-block-file__button\" download>T\u00e9l\u00e9charger<\/a><\/div>\n\n\n\n<p><strong>UN ENJEU POUR L&#8217;ENSEIGNEMENT DU FLS<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Outre ces petites batailles entre voisins, la question des anglicismes s&#8217;invite aussi en classe de fran\u00e7ais langue seconde. <\/p>\n\n\n\n<p>Elle est d&#8217;abord une mine d&#8217;or pour provoquer des discussions sur la langue, quelle que soit la culture d&#8217;origine de l&#8217;\u00e9l\u00e8ve. Mais, premier enjeu : le faire de mani\u00e8re \u00e9clair\u00e9e, avec une solide connaissance des influences linguistiques entre monde anglophone et francophone et de la typologie des emprunts. Sinon, il y a fort \u00e0 parier que l&#8217;on v\u00e9hicule quelques fausses id\u00e9es et clich\u00e9s (que l&#8217;on retrouvera d&#8217;ailleurs dans les m\u00e9dias). <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/leszexpertsfle.com\/produit\/les-anglicismes-pack-dactivites\/\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/leszexpertsfle.com\/produit\/les-anglicismes-pack-dactivites\/\" target=\"_blank\">Ce type de ressource<\/a>, par exemple, me laisse sceptique, car elle pourrait \u00eatre tr\u00e8s bien comme tr\u00e8s mal utilis\u00e9e!<\/p>\n\n\n\n<p>Par ailleurs, en classe de FLS pour des anglophones vivant en milieu bilingue (comme au Canada, exemple pris tout \u00e0 fait au hasard), la question se corse, car on se retrouve bien souvent coinc\u00e9s entre norme et usage. Exemple typique tir\u00e9 de mon cours \u00e0 l&#8217;Alliance fran\u00e7aise de Moncton : \u00ab \u00e9ventuellement \u00bb est largement employ\u00e9, dans la conversation et la presse, dans le m\u00eame sens que l&#8217;anglais (finalement); mais est encore employ\u00e9 dans son sens fran\u00e7ais dans la langue \u00ab instruite \u00bb (selon les circonstances). En tant qu&#8217;enseignant, il est alors n\u00e9cessaire de se positionner. En g\u00e9n\u00e9ral, j&#8217;explique le ph\u00e9nom\u00e8ne et la concurrence des deux mots; puis selon l&#8217;objectif de l&#8217;\u00e9l\u00e8ve (examen?, \u00e9tudes sup\u00e9rieures?, \u00eatre capable de se d\u00e9brouiller au quotidien?), j&#8217;insisterai pour l&#8217;emploi de l&#8217;un ou je laisserai le champ libre tout en resensibilisant de temps \u00e0 autre \u00e0 ce ph\u00e9nom\u00e8ne. <\/p>\n\n\n\n<p>Autre enjeu dans ce m\u00eame contexte :<a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"http:\/\/agnesa.org\/index.php\/2022\/01\/20\/enseigner-et-traduire-les-faux-amis\/\" data-type=\"URL\" data-id=\"http:\/\/agnesa.org\/index.php\/2022\/01\/20\/enseigner-et-traduire-les-faux-amis\/\" target=\"_blank\"> l&#8217;enseignement des faux-amis<\/a>. Difficile en effet d&#8217;enseigner d&#8217;entr\u00e9e de jeu que \u00ab identify \u00bb n&#8217;est pas tout \u00e0 fait \u00e9gal \u00e0 \u00ab identifier \u00bb : l&#8217;essence de l&#8217;enseignement apr\u00e8s tout est de simplifier, de rendre accessible une mati\u00e8re compliqu\u00e9e. Cependant, je suis d&#8217;avis qu&#8217;il faut le faire (mais \u00e0 un niveau plus avanc\u00e9, \u00e0 partir de B1), ces \u00e9l\u00e8ves \u00e9tant des futurs locuteurs et passeurs de la langue.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>UN ENJEU DE TRADUCTION FR&lt;&gt;EN<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s (ou avant) l&#8217;enseignement, l&#8217;anglicisme est bien s\u00fbr au c\u0153ur de la traduction, puisque son but (et celui de la terminologie) est de trouver un \u00e9quivalent en langue cible. C\u00f4t\u00e9 France comme Qu\u00e9bec, des commissions de terminologie \u0153uvrent \u00e0 enrichir et \u00e0 trouver des \u00e9quivalents qui posent probl\u00e8me&#8230;avec plus ou moins de succ\u00e8s certes (voir chronique de Laetitia V\u00e9ron qui, au passage, ne parle pas de <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"http:\/\/www.culture.fr\/franceterme\" data-type=\"URL\" data-id=\"http:\/\/www.culture.fr\/franceterme\" target=\"_blank\">France Terme<\/a>).<\/p>\n\n\n\n<p>Certains linguistes (Jespersen, Deroy) placent d&#8217;ailleurs les traductaires comme premiers diffuseurs d&#8217;anglicismes (Planchon, p.51). D&#8217;apr\u00e8s moi, les traductaires d&#8217;aujourd&#8217;hui sont assez sensibilis\u00e9s \u00e0 ces probl\u00e8mes d&#8217;interf\u00e9rence pour savoir arriver \u00e0 une langue cible idiomatique et \u00e9viter de peupler leur texte de calques. C&#8217;est leur m\u00e9tier apr\u00e8s tout. Ce genre de critique serait peut-\u00eatre plut\u00f4t imputable de nos jours \u00e0 la traduction automatique non ou mal r\u00e9vis\u00e9e faute de d\u00e9lais suffisants.<\/p>\n\n\n\n<p>Autre enjeu ceci dit (beaucoup plus fun :D) dont on parle peu car de moindre importance :  la traduction des anglicismes du FR&gt;EN. La question se pose surtout pour <strong>les faux emprunts<\/strong> qui, comme l&#8217;indique leur nom, ne sont pas utilis\u00e9s en anglais de la mani\u00e8re dont on les emploie en fran\u00e7ais.<\/p>\n\n\n\n<p>Illustrons ceci par un exemple trouv\u00e9 sur le groupe Facebook \u00ab Pet peeves &amp; b\u00eates noires des traductaires FR&lt;>EN \u00bb : <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"500\" height=\"730\" src=\"http:\/\/agnesa.org\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/Inkedcocooning_LI.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-637\" srcset=\"http:\/\/agnesa.org\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/Inkedcocooning_LI.jpg 500w, http:\/\/agnesa.org\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/Inkedcocooning_LI-205x300.jpg 205w\" sizes=\"(max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><figcaption>Traduire \u00ab cocooning \u00bb. <br>Quelques solutions : cozy, haven, sanctuary, hideway, oasis, &#8230;<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Autre exemple sympathique trouv\u00e9 sur ce m\u00eame groupe : \u00ab Le must \u00bb (publication du 18 avril). <\/p>\n\n\n\n<p>Dans l&#8217;autre sens (EN&gt;FR fr) et dans des domaines o\u00f9 le langage oral a une forte pr\u00e9sence (sur Internet notamment), une autre probl\u00e9matique se d\u00e9gage : celle de devoir peut-\u00eatre employer des emprunts hybrides pour \u00ab fitter \u00bb avec le ton. Ainsi, en fran\u00e7ais et dans de nombreuses autres langues (allemand, tch\u00e8que,&#8230;), on n&#8217;h\u00e9site pas \u00e0 piquer des verbes anglais et \u00e0 les adapter \u00e0 la morphologie de notre langue \u00e0 tout va : liker, follower, uploader, etc. <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"486\" height=\"706\" src=\"http:\/\/agnesa.org\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/Inkedliker_LI.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-639\" srcset=\"http:\/\/agnesa.org\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/Inkedliker_LI.jpg 486w, http:\/\/agnesa.org\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/Inkedliker_LI-207x300.jpg 207w\" sizes=\"(max-width: 486px) 100vw, 486px\" \/><figcaption>Les emprunts hybrides en FR et DE<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>CONTINUER \u00c0 SE LANCER DES CH\u00c2TAIGNES?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Bref, on n&#8217;a pas fini de brasser des feuilles de marronnier vu que l&#8217;anglais (l&#8217;am\u00e9ricain) n&#8217;est pas pr\u00eat de passer au second plan d&#8217;ici demain. Si certains s&#8217;attaquent au sujet en le ridiculisant comme <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=vzEJjhtSevQ&amp;t=25s&amp;ab_channel=KarimDuval\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=vzEJjhtSevQ&amp;t=25s&amp;ab_channel=KarimDuval\" target=\"_blank\">l&#8217;\u00e9g\u00e9rie du Petit Robert<\/a>, peut-\u00eatre pouvons-nous penser \u00e0 d&#8217;autres moyens plus positifs :<\/p>\n\n\n\n<ul><li>adopter une strat\u00e9gie linguistique nationale visant \u00e0 r\u00e9duire l&#8217;utilisation des anglicismes lorsqu&#8217;ils ont un \u00e9quivalent en fran\u00e7ais;<\/li><li>d\u00e9velopper la n\u00e9ologie et la cr\u00e9ation d&#8217;\u00e9quivalents;<\/li><li>sensibiliser le public apprenant en classe de FLS \u00e0 cette probl\u00e9matique;<\/li><li>conserver notre vigilance en tant que traductaires et rendre visible l&#8217;importance de la traduction.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>En somme, comme le soulignent Klein, Lienart et Ostyn en 1997, il s&#8217;agirait plut\u00f4t que de faire la guerre aux anglicismes, de \u00ab s&#8217;int\u00e9resser \u00e0 l&#8217;avenir du fran\u00e7ais comme v\u00e9hicule de la culture et de la technologie \u00bb et de d\u00e9velopper nos richesses linguistiques en exploitant, entre autres, emprunts et n\u00e9ologie.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les anglicismes. Un beau marronnier certes &#8212; comme la traduction automatique de nos jours &#8212; mais comme l&#8217;on n&#8217;en finit pas (soi-m\u00eame et entre copains francophones) de se lancer des ch\u00e2taignes \u00e0 ce propos, ce ne sont pas les nouveaux d\u00e9veloppements qui manquent. Du reste, cela nous permet d&#8217;aborder l&#8217;int\u00e9ressante diff\u00e9rence d&#8217;approches entre le Qu\u00e9bec&hellip; <a class=\"more-link\" href=\"http:\/\/agnesa.org\/index.php\/2022\/04\/26\/spece-danglicisme\/\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">&#8216;Sp\u00e8ce d&#8217;anglicisme!<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[22],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/agnesa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/632"}],"collection":[{"href":"http:\/\/agnesa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/agnesa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/agnesa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/agnesa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=632"}],"version-history":[{"count":19,"href":"http:\/\/agnesa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/632\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":744,"href":"http:\/\/agnesa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/632\/revisions\/744"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/agnesa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=632"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/agnesa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=632"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/agnesa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=632"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}